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À propos

Ville-monde, Bruxelles est le lieu de vie de nombreux individus et communautés d’origines variées. Les personnes en situation de migration (proche ou lointaine, ancienne ou récente) rencontrent de nombreux obstacles dans l’exercice de leurs droits culturels. Ces obstacles sont pratiques, financiers, symboliques, etc. Dès lors, il est nécessaire de mettre en place les conditions pour que la rencontre et la compréhension mutuelle puisse se produire.
Nous avons ainsi choisi, comme point d’entrée, l’expression musicale. Porteuses et productrices de lien social, les musiques rassemblent les individus et valorisent les praticien.ne.s en tant que détenteurs.trices d’une expertise et leur permettent d’exprimer leurs identités multiples, héritées et construites.

Avec BRuMM, nous souhaitons contribuer à la connaissance, la transmission, la valorisation et le développement des musiques migrantes bruxelloises.

  • La connaissance ?
    Bruxelles est la seconde ville la plus cosmopolite au monde. De nombreuses personnes et communautés pratiquent des musiques dont l’origine est « ailleurs ». Pourtant, il n’y a que très peu de travaux de recherche sur ce thème. Même si des structures (de diffusion ou socioculturelles) désirent les faire connaître, elles ne disposent pas toujours des connaissances approfondies (ni du temps nécessaire) pour pouvoir les montrer de la manière la plus adéquate. En effet, ces musiques nécessitent souvent un dispositif scénique spécifique, un calendrier de programmation inhabituel, une communication particulière.

  • La transmission ?
    L’intégration ne doit pas être synonyme de perte de ses racines. Or, le changement de lieu de vie modifie profondément les contextes de performance, et conduit parfois à l’abandon de la transmission des patrimoines musicaux.

  • La valorisation ?
    Une structure dévolue à ces musiques permettrait de démontrer leur intérêt et leur valeur intrinsèque, en-dehors de leurs communautés d’origine, de valoriser les personnes qui les pratiquent (en démontrant leur expertise musicale), et de lutter contre les stéréotypes négatifs dont elles sont l’objet.

  • Le développement ?
    Les musiques migrantes sont vivantes et continuent à se développer. Il est donc nécessaire de les soutenir, de la même manière que les autres musiques (classiques, pop, etc.) sont soutenues, afin de les inscrire pleinement dans le patrimoine bruxellois.

Notre projet prend donc la forme d’une recherche-action, afin que les dimensions académique et sociétale du projet se complètent, afin aussi d’éviter les écueils que constituent l’instrumentalisation, l’opportunisme, la réduction à « l’exotisme » et les dérives commerciales.

Nous formons l’hypothèse qu’une structure pérenne dédiée spécifiquement aux musiques migrantes à Bruxelles est indispensable, et permettra de les inscrire dans le patrimoine bruxellois, d’affirmer leur intérêt et leur valeur, et de faciliter l’accès à ces musiques. Mais créer une structure n’est pas tout : encore faut-il comprendre ces musiques, pour pouvoir les donner à voir, à entendre, à comprendre, dans leur richesse, leurs dynamiques. Les musicien.ne.s sont détenteurs.trices d’un savoir et d’un savoir-faire spécifique et il est important d’en donner des « clés d’écoute ». Une attention particulière sera donc portée à la médiation culturelle, afin de faciliter la compréhension (et l’appréciation) de ces pratiques et langages musicaux spécifiques.